Che io inquadri, che tu inquadri, che egli inquadri…

En 2019, pendant une expérience de volontariat en France, j’ai découvert que, sans le savoir, j’étais presque devenu un corniciaio — un encadreur.

J’étais volontaire à Beaucaire, une petite ville du Gard, dans le sud de la France. J’y étais avec le Corps européen de solidarité, le programme de l’Union européenne qui permet aux jeunes de faire du volontariat dans un autre pays européen. J’y suis resté de janvier à juillet, au Lycée professionnel Paul Langevin.

À l’époque, l’un des mots qui m’avait fait réfléchir était encadrer. Dans le dictionnaire italien, inquadrare renvoyait surtout à des images très concrètes : un tableau, une photographie, un soldat dans une formation. En français, en revanche, on utilisait aussi ce verbe dans le domaine scolaire : encadrer des élèves, c’est suivre, guider et surveiller un groupe de jeunes.

Lors de ma première sortie à Strasbourg, cette fois comme accompagnateur et non plus comme étudiant, on m’avait répété plusieurs fois que mon rôle était celui d’encadreur.

Mais un encadreur, en français, c’est celui qui encadre des tableaux et des gravures : en italien, un corniciaio. Une image qui, appliquée à moi, me faisait sourire.

Le bon terme était encadrant : la personne qui, pendant une activité, est responsable d’un groupe. Le dictionnaire le définit comme quelqu’un qui encadre une personne, un groupe, autrement dit quelqu’un qui accompagne et guide un groupe.

Dans mon expérience, c’était l’adulte qui accompagnait, surveillait et était responsable des jeunes pendant toute la sortie, sans enseigner une matière.

C’est ainsi que j’avais appris qu’une langue ne se trouve pas seulement dans le dictionnaire. Elle se trouve aussi dans l’usage, et l’usage change selon l’endroit où l’on se trouve.

Et vous ? Avez-vous déjà eu un rôle d’encadrant dans une langue qui n’était pas la vôtre ? Ou, comme moi, avez-vous vécu quelques mois à l’étranger ?

Racontez-moi votre expérience dans les commentaires, ou écrivez-moi par e-mail.

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